Stop au « clean desk policy »

Au travail, il y a deux catégories de personnes : celles qui ont un bureau parfaitement rangé avec rien qui traîne, et celles dont l’espace de travail ressemble à un champ de bataille avec de la paperasse qui s’empile partout. A priori on se dit que les personnes ordonnées sont les plus efficaces et productives, mais c’est tout le contraire.



En matière de rangement de bureau, comme sur pas mal d’autres sujets, Albert Einstein avait vu juste en posant la question qui fâche : « Si la vue d’un bureau encombré évoque un esprit encombré alors que penser de celle d’un bureau vide ? ». Car contrairement à ce qu’on pourrait penser les personnes bordéliques sont sans doute des employés modèles. Une étude scientifique, réalisée aux Pays-Bas, vient d’en apporter une nouvelle preuve.
Le chaos oblige à se concentrer sur l’objectif à atteindre
L’expérience, menée par l’Université de Groningen, a en effet montré qu’un environnement désordonné incitait les gens à se concentrer sur le but à atteindre. Une démarche orientée vers les résultats qui se révèle très productive dans un environnement professionnel.
Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont réalisé une série d’expériences avec des cobayes humains. Ils devaient remplir des questionnaires pour savoir comment l’environnement jouait sur leur motivation à obtenir des récompenses. A chaque fois les résultats étaient les mêmes : que ce soit dans une rue bondée, ou face à la vue d’un magasin très encombré, les personnes étaient plus motivées à atteindre l’objectif que dans un décor neutre ou bien rangé.


Cela signifie que le chaos apparent nous pousse à chercher un sens là où il n’y en a pas, à trouver une organisation abstraite qui nous permet de filer droit au but. D’ailleurs c’est souvent l’argument des personnes dont le bureau est toujours en chantier. Ils affirment que c’est rangé, mais différemment, et qu’ils sont capables de trouver n’importe quel document, même s’il est recouvert d’une pile de livres ou dissimulé derrière une tasse à café. Ils s’y retrouvent parfois plus vite que ceux qui rangent tout dans des classeurs ou des dossiers alignés sur des étagères.


Cette étude devrait amener de l’eau au moulin de ceux qui militent contre la « clean desk policy », le fait de ranger son bureau tous les soirs après une journée de travail ou qui pestent contre des initiatives comme la journée mondiale de rangement de bureau. Cela ne veut pas dire qu’il faut volontairement entretenir le désordre sur votre bureau. N’est pas bordélique qui veut !
Pour ceux qui se classent dans la catégorie des salariés « chaotiques productifs » attention tout de même à ne pas trop vous étaler. La loi de Douglas nous rappelle que plus l’espace de travail est grand, plus il est encombré. Il faut essayer de trouver un juste milieu entre être désordonné et être débordé.

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